Le blog de La Sorcière
 

620 : In God we trust

Ca se précise. Ladies and gentlemen, nous avons un candidat républicain. Arnie Vinick, le rouleau compresseur, qui se promet bien de ne faire qu'une bouchée du branleur démocrate qui recevra l'investiture... s'il y en a un. C'est que les trois plus sérieux candidats se disputent âprement la première place. Au point que si ça continue, personne ne va gagner.

Bartlet : How many delegates does Santos have ?
Toby : One thousand, five hundred, ninety-nine.... Russell's got 1677 and Hoynes has 956.
CJ : What's the magic number ?
Bartlet : Two thousand, one hundred, sixty-two gets you the nomination.

Mal barré, donc. Moralité, il faudrait que l'un d'entre eux cède sa place pour que le report sur l'un des deux restant permette d'atteindre le chiffre magique de 2162 voix.
Le même cas de figure se profile dans le clan démocrate, avec Obama et la Clinton qui se tirent la bourre et John Edwards en embuscade.

Seulement voilà, Jed Bartlet ça l'amuse moyennement que son parti se ridiculise de la sorte. Sous prétexte d'une petite photo de famille, il convoque donc Russell et Santos pour leur faire la leçon : si jamais ils disent des méchancetés l'un sur l'autre, ça va péter sa race.

(Qu'est-ce qu'il a l'air con, ce pauvre Bob... )

Première occasion pour nous de voir Matthew Santos pénétrer dans le Bureau Ovale. My oh my.

Et ce n'est pas tout. Un peu plus tard, c'est un autre illustre personnage qui s'en vient papoter avec le Président. Arnie himself. Ze ennemy number one. Sortez les fagots et la boîte d'allumettes !

Eh bien cela va pourtant donner lieu à une scène grandiose. Planqués dans les cuisines de la Maison Blanche, nos deux vieux briscards s'en vont philosopher au dessus de cinq ou six seaux (et non pots) de crème glacée en s'en mettant plein la lampe.

Incroyable, mais trop vrai. Ils vont donc débattre de la séparation de l'Eglise et de l'Etat car Vinick est vivement critiqué de ne pas être suffisamment pratiquant.

Vinick : You think a voter really needs to know if I go to church ?
Bartlet : I don't need to know, but then I'm not going to vote for you anyway.

Ah, j'adore cette ambiance. Ca, c'est tout Jed Bartlet. Et en ce sens, Arnold Vinick serait un bon successeur. Futé, classieux, mais avec ce côté parfois un peu distancié. Autant cette scène m'a fait halluciner, autant a posteriori je la trouve juste et intelligente. Ce Vinick est décidément un fameux client. Même que ce ne serait pas totalement hors sujet s'il devenait le successeur de Jed.

 

101 : Pilot

En route pour la fin de saison six, je m'octroie une petite parenthèse pour parler du tout premier épisode de la série que j'ai revu il y a quelques jours.
Un drôle de voyage en arrière, me direz-vous, mais indispensable quand je termine une série que j'aime. Histoire de boucler la boucle.

Et là, le choc.
Je ne comprends pas comment j'ai pu avoir un tel coup de foudre à l'époque !
Je ne comprends même pas comment j'ai pu y comprendre quoique ce soit !!! Est-ce le rythme effréné qui m'a séduite, cette galerie de personnages surmenés, ce décor illustre ? Je n'en ai pas la moindre idée !
Rétrospectivement, je trouve le tout très honnête malgré un léger coup de vieux (le générique de l'épisode deux est à se pisser dessus, on croirait du Jean-Michel Jarre ! ). Avec le recul, je pense qu'ayant vu six saisons et quelque de très haut niveau, le pilote me paraît somme toute bon, mais sans plus.

Toujours est-il que pour l'initié, il y a de quoi se lécher les babines.

Il y a deux ans, le temps de reprendre mes esprits passées les premières minutes où Rob Lowe picole un coup avec un copain, il faut bien le dire je n'avais guère prêté attention à ce qui se racontait.
Jeudi soir, je me suis régalée. D'abord parce que Sam Seaborn est décidément un PUTAIN de bonnard...

Ensuite parce que mine de rien, la première conversation de la série tourne autour de... Josh Lyman, s'il vous plaît... et enfin parce que même si je m'en souvenais diablement bien, voir Sam Seaborn se lever Lisa Cuddy, c'est quand même juste énorme.

Et elle est charmante, Lisa Edelstein. Elle a l'air très très jeune, très naturelle, aux antipodes de la poule de luxe qu'on découvre qu'elle est. Dommage pour Sam qui vient donc de se taper sans le savoir une prostituée, ce qui, en tant que proche conseiller du président des Etats-Unis, ne lui portera pas bonheur.

Revenons-en donc au héros du jour, Josh Lyman... que l'on découvre roupillant peu glorieusement sur son bureau.

Juste comme je l'aime, quoi.

Ah, faut-il qu'il soit encore jeune et fringant pour réussir à dormir étant donné ce qu'il se passe. La comparaison avec le grand Josh de la saison 7 est saisissante. Car au début de la saison 1, Josh a fait de grosses bêtises. Il s'est montré sous un jour agressif et pas très classe dans une émission de télé. Moment choisi :

Mary : I can tell you that you don't believe in any God I pray to, Mr. Lyman. Not any God I pray to.
Josh : Lady, the God you pray to is too busy being indicted for tax fraud.

Du Josh tout craché, quoi !

Et à vrai dire, tout Washington ne bruisse que d'une question : le président va-t-il renvoyer Josh ?

Heureusement, histoire de distraire un peu tout le monde, Mr Potus (le nom de code du president of the united states) a la diligence de nous faire le coup de l'accident de bretz... euh, de vélo.

Et l'on découvre alors le reste du cast. Une C.J. (qui a l'air d'avoir dix ans de plus que dans la saison 7) faisant son jogging en salle à 5 heures du mat', un Toby déjà très en forme niveau râleries ("Mind-boggling to me that we ever won an election"), un Leo survolté (petit pincement au coeur), et une trentaine de minutes plus tard, un président traînant la patte.

C'est très étrange, quelque part. Lorsque nous débarquons dans le petit monde de The West Wing, nous sommes parachutés sans plus de cérémonie dans une administration déjà âgée d'un an, où les relations sont déjà bien rôdées. Ainsi, Leo, secrétaire général, se retrouve à sermonner Josh, son second, comme un enfant (qu'il est). Re-pincement au coeur en ce qui me concerne car les paroles prononcées par le président à la fin de la saison 7 à Josh résonnent toujours à mes oreilles. Ainsi qu'en fait une bonne partie de la saison 7. Le voyage de ces deux-là est quand même extraordinaire et ce début de série place parfaitement la relation et le passage de témoin qui aura lieu plus tard, bien plus tard, entre les deux. Par la force des choses.

Ensuite, je n'osais croire à un tel bonheur mais... premier épisode et déjà première prise de tête entre Josh et Toby.

Mais une prise de tête qui n'a encore rien de la gravité de celle qu'on voit dans la saison 6. Bien au contraire, une prise de tête qui montre vite l'étendue de l'intelligence des deux bougres. Et de leur tendresse mutuelle, aussi.

Et puis je ne me souvenais pas si Donna apparaissait déjà dans le premier épisode. Eh bien si. Déjà, elle est là, dans l'ombre de Josh...

(Ã? divin symbole... )

... le poursuivant inlassablement, une chemise propre et repassée à la main.

Trop beau pour être vrai.

Mais une des vraies réussites de ce premier épisode, c'est sans conteste le duo Sam/Josh, les deux jeunots du lot, tellement différents, mais tellement proches dans leur côté un peu foufou... Quelle belle dynamique.

Sam : That the same suit you wore yesterday ?
Josh : Yeah. You ?
Sam : Yeah.

Ah, l'humour et la légèreté made in Sorkin. Clairement un gros atout des quatre premières saisons.

Par contre, gros gros foirage que le personnage de Mandy. D'entrée de jeu, on a juste envie de lui décalquer la gueule. Et ça me fait délirer de me dire que quelque part, Amy Garner n'est pas tellement différente d'elle. Même genre de poison. Enfin, il est logique, le père Josh, dans le choix de ses nanas.

Bon, et puis Martin Sheen, quoi. Martin Sheen qui débarque, vlan, et qui met tout le monde d'accord lors d'une gueulante mémorable, renvoyant les cul-bénis insultés par Josh à leurs sacristies, sous le regard ravi de toute l'équipe...

Bartlet : Now I love my family and Iâ??ve read my Bible from cover to cover so I want you to tell me from what part of Holy Scripture do you suppose the Lambs of God drew their divine inspiration when they sent my 12-year-old granddaughter a Raggedy Anne doll with a knife stuck through its throat ? Youâ??ll denounce these people, Al, youâ??ll do it publicly, and until you do you can all get your fat asses out of my White House. CJ, show these people out.

... sans oublier de lancer un avertissement terrible à Josh. Pas question de refaire le même coup, gamin.

En somme, tout est là. Incroyable. En regardant ce premier épisode dans la foulée de la fin de saison 7, on est stupéfaits par la logique du développement de chacun. Leur chemin semble tout tracé jusqu'à la fin. Que ce soit celui d'un président qui semble tellement plein de vigueur, de CJ la sportive nocturne, de Leo dirigeant son monde d'une main de maître, de Toby déjà au taquet, de Sam et de Josh, l'aristocrate aux dialogues ciselés et le génie mal peigné à grande gueule, finalement complémentaires et indissociables... Rah, la tête m'en tourne. Mais je ne voudrais pas totalement spoiler ce billet par des rebondissements qui auront lieu très tard dans la série. Donc je m'arrête là.
Mais si je ne retrouve pas l'émoi qui fut le mien en voyant cet épisode pour la première fois, je dois admettre qu'à la lumière de la saison 7, il a un charme tout à fait irrésistible.

 

619 : Ninety miles away

Oh, non, encore une review de The West Wing !

No problemo, ce ne sera pas long. Car cet épisode maison blanchien ne m'a pas plu du tout. Je l'ai regardé jusqu'à la fin parce que je me suis dit qu'on allait nous faire le coup des flashbacks de Kate Harper quand elle faisait sa Sydney Bristow, ça n'a pas raté et ça m'a fait mourir de rire.

J'ai trouvé toute l'intrigue autour de Cuba soûlante au possible et pas crédible pour un sou, passé le premier mouvement de surprise quand on se rend compte que Leo est parti voir Fidel. Et puis j'ai trouvé ça assez hypocrite. Enfin bref, pas gégé. Moi je louche définitivement beaucoup plus du côté de la campagne trépidante pour l'investiture démocrate.

Pour en revenir à Kate Harper, c'est quand même un personnage que j'aime bien. Relativement impénétrable mais très bonne, très directe, élégante, qui sort de l'ordinaire, quoi. Surtout pour une blonde.

Le choc de son dossier dont pas une phrase n'est rayée de noir, même pour la secrétaire générale de la Maison Blanche, c'est très fort. Ca en dit long, pas la peine d'épiloguer.

J'aurais presque aimé qu'ils aillent un poil plus loin dans les flashbacks avec Leo, qui alcoolo comme il l'était à l'époque, se souvient à peine d'avoir été ramassé par elle sur le bord de la route.

Et à propos de Leo... mais ils veulent vraiment l'achever, dites donc ?

 

618 : La Palabra

Oh, je sens bien que ça vous soûle, toutes ces reviews qui ne vous intéressent pas. Courage, plus que... 26 épisodes.

(Dommage que je bute depuis quinze jours sur ma review de House, je progresse de deux lignes chaque jour, il y a de l'espoir.)

De toute façon, pour cet épisode, je vais faire court. Je ne crache pas sur les enjeux de la candidature très "latine" de Matthew Santos parce que sérieusement, l'idée qu'il puisse devenir le premier président "United Colors of Benetton" me paraît à la fois tout à fait incongrue et extrêmement séduisante... l'ennui c'est que cela va tellement de soi qu'il risque d'être catalogué comme le candidat "brun" et les gens d'oublier qu'il a un vrai programme que je vois à peine l'intérêt de faire tout un épisode là-dessus. Un autre épisode reviendra un peu sur ce sujet et de manière plus sexy, en pimentant le tout d'un peu de communauté noire. Ici, ce fameux groupe latino qui fout la pression sur Matt Santos pour que celui-ci défende ses intérêts, notamment la lutte contre une vague de nouvelles lois anti-immigration, ne m'a pas passionnée. Trop prévisible.

Santos : I don't think I could do that, Eddie. It would define my whole campaign. I don't want voters to see me as just the brown candidate.

Voilà, merci bien. En une phrase, Matt résume toute la chose.

Bien plus intéressant, on se rend compte à quel point la campagne de Santos est à la rue financièrement par rapport à celles de Russell et Hoynes. Encore un peu et Josh va finir aussi chauve que Toby...

Fine équipe que ces deux-là, tout de même. Ca pète régulièrement, mais chaque fois, ça progresse beaucoup. J'adore ce duo. On voit qu'au fur et à mesure, ils apprennent à se connaître, même s'ils ne sont pas systématiquement sur la même longueur d'ondes, bien loin de là. Et j'aime beaucoup la distance qu'ils conservent l'un envers l'autre, c'est assez fascinant.

De l'autre côté, Donna continue son ascension. La voilà porte-parole de la campagne de Bingo Bob. Et moi de me ronger les sangs : mais que va-t-elle devenir quand Bob l'Eponge va contre toute attente se faire laminer par Santos ?

 

617 : A good day

Tu m'étonnes. Une putain de bonne journée, oui !

Alors, voici encore un épisode clé. Oui, encore, pour une bonne raison : on y découvre que Matthew Santos, outre le fait d'être un canon cosmique, un père de famille exemplaire, un époux attentionné (et visiblement comme on le découvrira plus tard, plein de vigueur, uhuh), eh bien ce Santos, en plus de tout cela et comme si ce n'était pas suffisant, est également sacrément dégourdi.

On connaissait déjà le sieur Haffley, républicain et speaker au Congrès (plus tard catapulté mari de Bree van de Kamp) comme étant un sournois doublé d'un fat, mais malheureusement très intelligent. Eh bien ce vil monsieur trouve son maître dans ce formidable épisode qui peut en plus se targuer d'être désopilant.

Car jusqu'à présent, ce Haffley en a fait baver des ronds de chapeau à la Maison Blanche puisque le Congrès est passé républicain depuis une paye. Et il continue, ce formidable enfoiré. Au moment de faire voter un texte qui ne l'arrange pas sur les cellules souches, il fait en sorte que le jour où tous les députés démocrates sont là (y compris Matt Santos, donc), eh bien ce texte ne soit pas proposé. Ah ah ah, le gros malin ! Et regardant partir tout ce petit monde d'un air narquois, il se promet bien de représenter la chose une fois que ceux susceptibles de voter pour aient dégagé la piste. Y compris Matt Santos, donc.

Et qu'est-ce qu'il fait, Matt Santos ? Eh bien il organise l'insurrection. Ralliant tous les députés démocrates à son panache blanc (mais sans leur promettre la poule au pot), il planque tout ce petit monde dans le bureau d'un copain député et au terme d'une nuit blanche, s'assure que Haffley va bien présenter le texte au vote, et au nez à la barbe du malappris, déballe toute sa troupe.

Ah ça, cette scène où il débarque d'un pas viril de conquistador et salue poliment le Speaker médusé a eu raison des dernières réserves que j'avais à son sujet. Oui, Josh, finis de nous le dresser, notre futur président, parce que pour sûr, personne d'autre n'aurait osé faire ce qu'il vient de faire.

N'est-ce pas Mister Speaker ?

Comme je le soulignais dans l'épisode précédent, nous avons donc quelques petites scènes très sympatoches et qui nous sèment un malaise délicieux. Oh tiens, bonjour mon ex !

Woups !
D'autant que l'ex en question est maintenant... le remplaçant de Josh dont il occupe le bureau de manière extrêmement ostentatoire.

Avec ça que de toute évidence, il ne serait pas contre de remettre le couvert avec la blonde.
Ah c'en est trop, mon brave ! J'imagine que Josh le défierait bien en duel, mais il se trouve que malgré une nette tendance au républicanisme, Cliff va leur être d'une aide précieuse pour la manip dite du Speaker niqué. Donc on le garde.

A part ça, j'ai bien aimé la rencontre entre Santos et Donna, roupillant tout son saoul dans un canapé et surprise en pleine ronflette par le député...

Santos : You're Russell's chicken fighter ?
Donna : Donna Moss, pleased to meet you.

Petite rencontre qui à l'époque m'a laissé à penser qu'ils auraient encore à faire ensemble. Je ne me trompai pas.

Et pour en revenir à Matt Santos, sa nuit blanche est très chouette. Alors qu'un parterre de députés démocrates dort sur le tapis, attendant leur heure, ce grand homme passe ses quelques heures de repos à expliquer au jeune récalcitrant qui leur offre l'asile à quel point cette loi lui tient à coeur et pourquoi.

Décidément, l'envol de ce Santos est spectaculaire. Il fallait bien quelqu'un comme Josh pour entrevoir le potentiel de ce bonhomme.

 

616 : Drought conditions

Ah nom d'un chien. Cet épisode, c'est fioooou. Encore un sacré tournant dans la série, pour plusieurs raisons.

La première, c'est que oui, l'absence de Josh commence à peser bien lourd sur la Maison Blanche. Et qu'il s'agirait peut-être bien de nous le remplacer.

C.J. : This lack of Josh is becoming a problem.

L'ironie du sort est mirifique. Le remplaçant de Josh, même si ce n'est pas encore officiel, c'est un gars qu'on a connu il y a bien longtemps, un certain Cliff Calley qui à l'époque avait joué un rôle assez terrible dans l'enquête sur l'alcoolisme de Leo, la sclérose en plaques du président, etc. Aujourd'hui il est impliqué dans la lutte pour je ne sais plus quelle rivière, enfin bref. La double ironie, c'est que ce garçon était celui que Donna s'était un tout petit peu tapée l'air de rien et Josh avait dû faire un cirque pas possible pour empêcher que ça ne devienne dangereux pour tout le monde. C'était un épisode vraiment excellentissime, et ça remonte à la saison 3, c'est dire s'il serait temps qu'il se passe des petites choses. A ce stade de la série.

La triple ironie, c'est que lorsque Josh débarque à Washington, C.J. lui demande l'air de rien ce qu'il pense de cette histoire d'eau. Et Josh, mettant comme toujours tout le monde d'accord en dix secondes, lui sort une analyse qui est mot pour mot celle de Cliff Calley et appuie sans le savoir sa candidature à son remplacement.

Ce qui stupéfie la nouvelle Chief of Staff.

Et nous promet de petites scènes délicieusement gênantes.

En fait, c'est tout l'épisode qui est superbement écrit, par séries de flashbacks, autour d'un Toby très abattu qui discute avec une femme mystérieuse dans un bar.

(Tellement mystérieuse qu'elle a fait l'ascension, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'Oma Desala.)

Et au fil de l'épisode, on découvre qu'en fait, le frère de Toby, David, est mort. Cela me permet d'évoquer un petit peu la relation en Josh et Toby qui a toujours été très complexe. Beaucoup de choses les rapprochent, ils sont un peu du même coin, ont ce petit côté New Yorkais râleur, un humour très cynique, ce sont deux têtes de con, ils sont redoutablement intelligents, sans doute bien plus que tous les autres, et c'est sans cesse une source de problèmes pour eux, c'est souvent ce qui les met en danger. Avec ça, ils ont une grande gueule. Mais tout au long de la série, il serait impossible de ne pas voir à quel point ces deux-là, malgré leurs prises de bec, forment une équipe de choc et s'entendent comme larrons en foire. Du moins jusqu'à ce que Josh quitte la Maison Blanche pour diriger la campagne de Matt Santos. Je crois, à y bien réfléchir, que Toby ne s'en remettra jamais. Que c'est un peu le coup de grâce pour ce personnage mélancolique et certainement au fond de lui très rêveur. Le départ de Sam l'avait bien moins affecté. Et là, avec la mort de David, c'est l'occasion de lâcher le morceau. Poussé à bout par un Josh pas super content de sa journée et sans doute inquiet de voir un nouveau candidat démocrate tenter de tirer la couverture à lui en reprenant des idées de Toby pour sa campagne, et alors qu'il ne se gêne pas pour expliquer à Josh à quel point son départ de la Maison Blanche ("walking away") a foutu le bordel, le ton monte à une vitesse ahurissante.

Josh : Does it bother you that someone's stealing your stuff ? Does that trouble you at all ?
Toby : It doesn't.
Josh : It would. You're not a good sharer. The only way it doesn't bother you is if you handed it to him yourself.

Josh : You are a selfish petty...
Toby : Get out.
Josh : ...waste of the oxygen in the air that useful people could be...
Toby : GET OUT !
Josh : You get out you selfish son of a bitch !

Et c'est comme ça que les deux copains finissent par se mettre sur la gueule, mais proprement. Je vous jure que ça m'a brisé le coeur, de voir ça.

D'autant qu'on les sait tous deux extrêmement rancuniers et têtus. Donc c'est très très mal barré. Cela n'aurait été qu'un mouvement d'humeur, on aurait été moins inquiets, mais ça ne l'est pas. D'ailleurs, lorsque C.J. va parler à Toby après le carnage, on se rend compte que celui-ci avait très bien choisi ses mots. Il lui confie (et vlan dans not' gueule) que David n'est pas mort d'un cancer. Il s'est suicidé après avoir appris qu'il était malade.

Toby : He could've had years. But instead... He just dropped everything and walked away.

Bouhouhouh. Pauvre Toby.
Comme il doit se sentir abandonné de tous... Comme ce qui vient de se passer va peser sur la fin de la série, en ce qui le concerne.

Et bien sûr, à la fin de l'épisode, on découvre que la charmante dame avec laquelle il discute n'est pas du tout un rendez-vous galant. C'est le sénateur Rafferty en personne. Josh avait donc raison.

Mon Dieu, mon Dieu, mais qu'on nous prévienne avant de nous faire des coups pareils !

 

The end...

(Attention, billet de fin de série, donc spoilers sur le dénouement de la campagne électorale, sur qui finit dans le plumard de qui et autres petites choses... Z'inquiétez pas, je reviendrai sur les épisodes de la saison 6 et de la saison 7.)

Cher lecteur,

Je n'y connais pas grand-chose en agriculture mais je suis néanmoins consciente que je suis en train de mettre la charrue avant les boeufs.

Certes, je n'ai même pas encore fini de reviewer la saison 6, l'avant-dernière de cette série formidable qu'est The West Wing. Mais voilà, même si je sais que ce billet sera le tout dernier de cette rubrique, je ne peux m'empêcher de l'écrire ce soir, ni de le poster, car quand on termine une série de sept saisons pour laquelle on a eu le coup de foudre dès le premier regard (et non, ce n'est pas parce que la série s'ouvre sur Rob Lowe, même si ça aide), c'est à chaud qu'il faut en parler. C'est comme aux mariages, mieux vaut parler tout de suite ou se taire à jamais.

Bref, ami lecteur, à deux ou trois exceptions près, je sais qu'au mieux, tu te tapes de The West Wing et qu'au pire, tu es bien content que j'en aie fini parce qu'enfin je vais passer à autre chose. Mais moi j'ai besoin d'en parler, et entourée comme je le suis ce soir de personnes qui ne peuvent absolument pas comprendre à quel point finir une série de sept saisons est un challenge émotionnel, je profite de Bill et de son TextEdit pour jeter ici mes dernières impressions avant de continuer à égréner mes reviews.
Ce billet remontera une fois que j'aurais reviewé le tout dernier épisode, "Tomorrow". Il clôturera sans doute définitivement la rubrique The West Wing.

Cette série, donc, je l'ai découverte en avril 2006, je ne sais comment. Une promo sur CDiscount, sans doute. A ce moment-là, j'étais plutôt mal en point (une vague histoire de patte folle), et totalement embarquée dans l'aventure Enterprise qui me distrayait au plus haut point, blindée de médocs telle que je l'étais.
Comme on a tendance à s'ennuyer quand on passe 12 heures par jour sur son canapé à attendre que l'infirmière vienne vous faire ses charmantes petites piquouzes dans le bide et qu'une autre infirmière vienne vous soutirer une bonne pinte de sang, entre deux pilules qui font rire et une patte de toutes les couleurs, j'ai dû me lasser de mes rigolades intergalactiques et ai décidé de jeter un coup d'oeil du côté de Washington. Et ce que j'y ai vu m'a charmée. Plus que charmée, même.

Jamais je n'aurais cru qu'une série politique puisse être aussi belle, aussi émouvante, aussi riche, et pour être honnête, aussi digeste.

Lecteur, tu le sais, les coups de foudre sont rares, chez la Sorcière. Ils se comptent sur les doigts d'une main. Il y a eu The West Wing, et il n'y en a pas eu beaucoup d'autres. Certaines de mes séries préférées d'aujourd'hui ont mis du temps à gagner mes faveurs. Même mon vieux House a dû sortir ses tripes (littéralement) pour intégrer le peloton de tête. Même Lee Adama a connu des débuts difficiles.
Avec The West Wing, la reconnaissance mutuelle a été immédiate. J'ai compris que cette série parlait mon langage et que nous étions faites pour nous entendre. Je m'y suis immédiatement reconnue, j'en ai compris les codes, les modes de fonctionnement, et même dans les moments difficiles (la cinquième saison, hum hum), cela ne s'est jamais démenti.

Il y a dix minutes, j'ai donc regardé se dérouler le dernier générique de cette série sublime tout en sachant, comme souvent, qu'en rentrant au logis, je devrais regarder le tout premier épisode pour ne pas finir sur une note trop triste. C'est ma manière à moi de faire mon deuil.
Triste de quoi, d'abord ? Ben triste de rendre les clés de la maison. Triste de renoncer pour toujours à tous ces personnages formidables, et à toutes les histoires qui restaient à raconter. Car en voyant se réunir lors de la scène finale le nouveau président Matthew Santos et ses proches conseillers, Josh Lyman, Sam Seaborn (Jizeusse, celle-là m'a vraiment coupé la chique) et Bram Howard, j'ai eu la sensation qu'on aurait pu repartir pour huit saisons supplémentaires sans jamais en avoir fait le tour. Comme j'aurais aimé assister aux travaux du nouveau Secrétaire d'Etat Arnold Vinick, voir le jeune Will Bailey faire campagne en Oregon, jeter un oeil discret sur la nouvelle vie de C.J. Cregg enfin maquée à son Danny de toujours, regarder grandir Helen Santos en tant que première dame, assistée par une Donna Moss qui a enfin trouvé sa voie et gagné le coeur de l'homme qu'elle aime depuis toujours, car l'un ne pouvait aller sans l'autre.
Mais tout cela restera malheureusement dans le domaine de l'imaginaire. La boucle est bouclée. Nos personnages, pourtant avant tout serviteurs d'intrigues et de débats passionnants, ont chacun à leur manière accompli un voyage personnel spectaculaire. Du moins ceux qui en avaient la capacité. Et pour ceux-là, la récompense n'en est que plus grande. De cette fin de série, je retiendrai quatre sourires : celui de Donna, d'abord, qui découvre son bureau de Chief of Staff de la première dame et qui incrédule le prend d'abord pour celui d'Helen Santos, mais qui se ressaisit avec toute la classe dont elle a toujours été capable et qu'elle assume aujourd'hui, avant de sourire de fierté car je soupçonne ce bureau d'être nettement plus grand que celui de Josh.
Celui de Josh, ensuite, plus discret car Josh ne sera sans doute plus jamais le jeune chien fou des premières saisons, mais qui en dit tellement long, lorsqu'il regarde pour la première fois Matt Santos prendre la place du président dans le Bureau Ovale. J'espère très fort qu'il se dit que c'est lui qui a fait ce président, parce que c'est le cas. Il a façonné ce diamant brut et cela rend sa réussite d'autant plus émouvante.
Puis le sourire de C.J., le plus grand de tous, lorsqu'après avoir quitté l'enceinte de la Maison Blanche elle répond à un passant que non, elle n'y travaille pas. C'est sans doute la plus belle libération de cette fin de série. Comme C.J. a gagné mon respect en renonçant à travailler dans cette maison de fous, elle qui avait tellement besoin de vivre, enfin.
Et enfin celui de Jed, dans l'avion qui le ramène à la ferme familiale du New Hampshire, lorsqu'il répond à Abbey qui lui demande à quoi il pense : "Tomorrow." Magnifique Martin Sheen qui restera toujours à mes yeux le président idéal.
De tous, ces quatre personnages étaient ceux qui méritaient le plus de voir leur horizon s'élargir et s'éclairer, et cela m'émeut aux larmes de constater que c'est le cas.
Je n'osais espérer de cette série, plus axée sur l'intrigue politique que sur les personnages, qu'elle nous offre une vraie fin pour chacun. C'est le cas. Une fin magnifique qui laisse quand même quelques traces d'amertume. La mort de Leo, bien sûr (et celle de John Spencer, son interprète, qui laisse une sacrée marque sur la fin de la saison), et puis Toby qui y a laissé de sacrées plumes, mais Toby c'est un peu le mouton noir de la bande. Et je suis quand même heureuse qu'il ait pu se réconcilier avec C.J..

Bref, à mes yeux, cette saison 7 est probablement la meilleure, tout du moins celle qui prend le plus de risques. Elle nous présente une foultitude de très bons nouveaux personnages, artisans de l'ombre qui s'activent dans les campagnes, les Lou, Ronna, Bram, Otto, Sheila, Jane, Edie et j'en passe, auxquels sans s'en rendre compte on finit par s'attacher au point d'avoir le coeur serré lorsque Ronna aperçoit enfin le Bureau Ovale près duquel elle va travailler pendant (au moins) quatre ans.
Outre cela et les palpitations de la campagne, elle approfondit également d'autres personnages, ceux que l'on suit depuis un peu plus longtemps, et qui faisaient presque partie du décor. Le meilleur exemple en est Will Bailey qui pour moi est l'une des révélations de cette saison. Ce Will Bailey, genre de schtroumph à lunettes pas très bien dégrossi, dont personne ne voulait et qui n'était bon qu'à tenter péniblement de remplir la place laissée vacante par Sam Seaborn, puis de mener une campagne fantoche pour cet imbécile de Bob Russell.
Cette saison sept, c'est celle qui parvient à faire tout ce que les autres n'ont pas réussi à faire, peut-être justement parce que c'est la dernière. C'est celle où d'un seul coup tout explose, c'est celle qui lève toutes les inhibitions, celle qui autorise enfin tout ce petit monde à aller au bout de soi-même.
Alors qu'on arrive en 2008, avec en ligne de mire une élection présidentielle de l'autre côté de l'Atlantique, je sais que chaque fois que je devrai me pencher là-dessus, ce sera en pensant à Matt Santos, à Helen, à Josh, Donna, Arnie Vinick et tous les autres qui m'ont appris tellement de choses sur ce sujet que je pensais pourtant déjà bien connaître.

Bref, bye bye, TWW. Ce fut un long et beau voyage. Des hauts, des bas, des larmes, de grosses trouilles, de mauvais souvenirs, de très bons.
Je reviendrai, c'est sûr.
Nous avons encore des choses à nous dire, je le sais.
Et puis elle me manquera, l'Amérique de Jed Bartlet.

 

Jimmy Smits est un prince...

Si, si, je vous jure. Enfin, un vice-roi, pour être plus précise.

Député, candidat démocrate, sénateur, père adoptif de la princesse Leia... Pfiou, n'en jetez plus. Avec ça qu'il porte la fraise comme personne.

Et en plus il a de sacrées relations !

Pour les borgnes ou les incultes, Jimmy Smits jouait le rôle du Sénateur Bail Organa, dans la première Trilogie Star Wars... C'était un pote à Padmé alors il adopte la future chieuse à macarons.
Ca m'avait fait plaisir, à l'époque, de le voir dans ce petit rôle très classe (Dieu sait qu'il n'y en a pas beaucoup, dans cette trilogie).
M'enfin avant, sans être fan de NYPD Blues, je ne pouvais m'empêcher de baver chaque fois que je tombais sur un épisode de cette série, sur Jimmy. J'ai même vu l'épisode où il se fait descendre et s'il m'en souvient bien, j'avais même un peu chialé.

Toujours est-il que Matt Santos... ptain, il a la classe, dites voir.

 

615 : Freedonia

(Vite vite, ça a l'air de marcher, je poste celle-ci !)

Vous avez mille fois le droit de dire que je radote, de vous agacer parce que j'ai une saison de retard sur les reviews de cette série ou tout simplement de souffler parce que ça vous ferait plaisir que je commente autre chose, mais c'est juste trop bon ce que je suis en train de vivre avec The West Wing. Il me reste une demi-douzaine d'épisodes à regarder et j'angoisse à mort d'en arriver au bout. Mine de rien, cela fait presque deux ans que je suis par intermittence les aventures de la Petite Maison Blanche dans la prairie, et alors que j'arrive au bout et que je me les enfile par paquets de trois, je me rends compte à quel point certains personnages me sont devenus chers, même si quelque part, leur développement est toujours passé au second plan.

La philosophie même de cette série restera toujours gravée comme un grand moment dans ma vie de sériephile . Parce que c'est sans doute la seule série aussi "gentille" que j'aime de tout mon coeur. Parce que ces personnages qui sacrifient pour la plupart leur vie pour la bonne cause, aussi fictionnels soient-ils, sont parmi les meilleurs que je connaisse. Et aussi parce que mine de rien, ils m'ont appris énormément de choses.

Jusqu'à présent, je revenais avec plaisir à The West Wing, comme je revenais à la maison après avoir couru dans des endroits pas forcément fréquentables. Je me rends compte que tout cela est bien fini, et qu'il va falloir que je me trouve une autre maison maintenant que je suis sur le point d'arriver au bout du deuxième mandat de Jed Bartlet. Et aussi pressée que je sois de découvrir enfin de mes yeux (puisque pour moi l'issue de ces élections ne fait aucun doute) le résultat du scrutin et les réactions qui vont l'accompagner, ça me serre le coeur de me dire que cette grande aventure de sept saisons s'achève... demain, sans doute. Mardi au plus tard car demain, il y a quand même la dinde.

Bref, je pense que je vais pleurer.

Enfin. Heureusement, il reste une tétrachiée de reviews à faire, des milliasses de captures à trier, et j'ai bien l'intention d'aller jusqu'au bout, même s'il n'est pas exclu que je saute un ou deux épisodes en route. Ce dont vous m'excuserez. Enfin, pour les deux ou trois qui lisent mes reviews de TWW, bien sûr.

Bon, lors de ma dernière review j'annonçais un épisode monstrueux. Pas de bol, ce n'est pas de celui-ci que je parlais, mais du prochain.

Cela dit, cet épisode a cela de monstrueux qu'il a l'audace de faire revenir un personnage particulièrement honni, après la bonne surprise de Lord Marbury.

Oui, la Marie-Louise est de retour, à mon grand dam. Heureusement, malgré le superbe numéro de diva en train de lécher avec application sa glace au chocolat alors qu'il fait -8000 dehors, ça ne prendra pas de temps avant qu'elle ne se fasse démonter la tronche par Josh. Ah ah ah, je me gausse.

Non mais c'est que ça prétendrait encore donner des leçons à tout son monde, déjà qu'elle briefe la moitié des candidats démocrates, elle va pas nous abîmer notre beau Santos qui commence tout juste à montrer de quoi il est capable en plus de ça, non ??? Pour nous en faire un Bingo Bob ou un Hoynes Bis ? NO WAY !

Allez, hop, à dégager.

Saloperie, va.

(Je suis horrible, mais ce n'est VRAIMENT pas le genre de femme qu'il lui faut, à ce pauvre Josh, même s'il continue à légèrement bugger quand il retombe sur elle. Pffff. D'abord, c'est une intrigante, une taupe qui passe son temps à manipuler son monde pour qu'il soit tel qu'elle l'entend, et ça, dans the West Wing, suis désolée, mais ça ne passe pas.)

(Et Josh mérite bien mieux que cette ignoble castratrice, mais je ne m'étendrai pas sur le sujet pour le moment.)

(Irf irf irf.)

(Non, je ne m'étendrai pas.)

(C'est tentant, pourtant.)

 

La saison 7 de the West Wing, bientôt sur le blog de la Sorciere...

Nom d'un hanneton cagneux ! C'est tout simplement extraordinaire ce qui se passe dans la dernière saison de la série. Comme si soudain ils arrivaient a faire tout ce qui leur posait problème avant. Vraiment je me régale.

Et je suis a trois semaines des élections.

Et en plus ça se met a se tripoter dans tous les coins.

Uh uh.

 

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