301 : Mr Ruggiero's neighborhood
Par La Sorcière, jeudi 27 septembre 2007 | Rubrique: The Sopranos | 6 commentaires
A première vue, cet épisode était très chiant. Pas d'intro sur de la musique de folie, pas de grande envolée chez Melfi, pas de mort, pas de coups de feu... "Mais c'est quoi ce season premiere à la mords-moi-l'noeud !", qu'on a envie de s'écrier. "Remboursez !"
C'est justement là tout le génie des Soprano. Après avoir passé deux saisons le nez collé à leur petite vie, voilà que d'un coup de genou bien placé, on nous met en position d'observateurs de loin, forcés d'assister au train-train plutôt pépère de la famille "Bing" vu à travers les jumelles des fédéraux qui tentent de mettre la maison sur écoute, et qui pour cela, surveillent les allées et venues de toute la famiglia de très près.

Des cours de tennis de Carmela, garantis 100% pur porc grâce aux tenues toutes plus vulgos les unes que les autres d'Adriana...

... aux siestes palpitantes de Meadow dans sa chambre d'étudiante...

... en passant par les petites escapades crapuleuses d'AJ qui sèche discrètement les cours avec ses copains.

C'est excellent ! Evidemment, ce n'est pas tout le zinzin des fédéraux pour installer un micro dans le sous-sol des Sop' qui va nous faire palpiter, non, c'est plutôt cette vue d'ensemble de cette famille qui d'un seul coup a l'air tellement banale, qui est fascinante. D'une banalité à pleurer. L'exemple le plus phénoménal, c'est sans conteste cette scène ahurissante. Les Feds sont en train d'écouter ce qui se passe dans le sous-sol. Carmela et Tony s'y trouvent. Elle fait ses trucs de femme au foyer. Il fait sa muscu. Une conversation grandiose de platitude, jusqu'à l'écoeurement, d'ailleurs. C'est de l'art.
Le tout couronné par les coucous narquois de Tony, pas du tout dupe, aux agents chargés de le surveiller. Et la satisfaction de soi qu'il affiche durant tout cet épisode.

L'envers du décor, quoi.
Un coup de maître, très couillu, il fallait oser, ça a dû faire hurler dans les chaumières, je dis bravo. Que dis-je, je m'incline bien bas. De toute ma hauteur, même, ce qui ne fait pas beaucoup, mais c'est l'intention qui compte. Sérieusement.


































































































