211 : Left turn ahead
Par La Sorcière, mercredi 12 décembre 2007 | Rubrique: Dexter | 6 commentaires
Alors, parlons peu, parlons bien, parlons Dexter. C'est qu'ensuite, j'ai une raclette sur le feu, moi...
Certes, la fin de saison dernière était d'une intensité et d'une horreur à la limite du surnaturel, du genre qui vous prend aux tripes pour vous les tordre dans tous les sens.
Avec cette fin de saison 2, rien à voir. C'est tout aussi dur, mais d'une finesse et d'une précision dans l'étude psychologique, à vous donner le frisson.
C'est ce que j'ai ressenti en regardant cet épisode.
D'abord, les réactions de psychopathe de Dexter, lorsque Doakes le pousse dans ses retranchements. On n'y est pas habitués. C'est la suite logique de la fin de l'épisode précédent, la face cachée du monstre, celle qu'on n'a vraiment pas envie de regarder dans les yeux, celle qui fait très très peur.

Dexter : I can unleash the beast anytime I want.
Et puis très vite, on retrouve l'enfant.

Par maints aspects, cet adulte apparemment si sûr de lui et qui mène une vie de frère, de collègue et de petit ami (quasi-) exemplaire est quand même resté un bon gros bébé.
Et ces failles qui sont les siennes ont tendance à remonter de plus en plus souvent à la surface, et avec elles les comportements qui vont avec. Celui du petit garçon abandonné pendant deux jours pataugeant dans le sang de sa mère, et celui de l'adolescent foufou et un peu capricieux qui tue parce que son père lui a donné le droit de le faire, et que ça éclate.
C'est bien évidemment quand on se rend compte de ça que tous les flashbacks qu'on a pu voir cette saison prennent tout leur sens.
Et cette sensation-là est vraiment vertigineuse.
Pour nous.
On imagine pour le personnage.
Et ça, Doakes l'a parfaitement compris. Ce qui fait de lui un des mecs les plus intelligents de cette série. C'est bien simple, depuis deux épisodes, il éclipse totalement Lundy, relégué au rang de vieux beau qui ne sert plus à rien sinon à faire sourire Deb.

Et cela fait de la scène où il tente de convaincre Dexter de se rendre à la police l'une des plus intenses et profondes de la série. Oh my God, quelle perfection.
On est tellement dans la peau de Dex, à ce moment-là, alors qu'il commence à comprendre à quel point ce serait une délivrance, de se rendre à la police. On a juste l'impression de sentir le soulagement nous envahir et la lourdeur du secret glisser de nous comme une couverture mouillée... c'est indescriptible.

Enorme, vraiment.
Entre les deux, la scène où Doakes et Dex font équipe pour se débarrasser des trafiquants était quand même ultime, en passant.


Pauvre Doakes ! ![]()
Bref, pour en revenir à Dexter, bien entendu, toutes les scènes où on le sent en train de faire ses adieux à ceux qu'il aime sont d'une douceur et d'une tendresse incroyables... La journée avec Rita et les enfants sur le bateau (où il s'est débarrassé de tant de cadavres, en passant), la petite conversation avec Batista, également.

Ce pauvre Angel, accusé d'avoir violé cette cinglée de Lila... Et la petite phrase de Dex, qui n'a aucun doute de son innocence.
Dexter : If I got to choose a person, a real person to be like, out of anyone it'd be you.
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Bref, Dex solde ses petites affaires, il fait place nette, non sans regret, mais il aime les choses propres. Ca, on le sait depuis le début.
Pareil, son face à face avec Lila est fascinant.

Terrible de voir sur son visage l'angoisse lorsqu'il réalise qu'il la blâme alors qu'elle ne fait rien de plus que ce que lui tente de faire à Doakes, l'accuser de quelque chose dont il est innocent, et la peur, aussi, la peur qu'elle dise vrai lorsqu'elle affirme qu'elle est son âme soeur.
Enfin, alors qu'on a vraiment toutes les peines à comprendre ce qui se passe, il faut bien le dire, tellement Dexter brouille les pistes, tellement on a du mal à suivre son mode de raisonnement, cette scène...
Dexter : Deb, I'm the Bay Harbor Butcher.
Et les différentes versions qui vont avec ! ![]()




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Et puis la vraie, enfin. Et enfin, la première véritable conversation entre le frangin et la sister. C'est juste pas trop tôt.

Sauf qu'on est totalement suspendus à ses lèvres et qu'on se répète : "Il va pas le dire, il va pas le dire, il va pas le dire."
Et non, il ne le dira pas. Car au moment où il aurait pu le faire, il pose une question très intéressante à sa soeur. Est-ce qu'elle n'a jamais été tentée de céder à un geste fou, avec tout ce qui lui est arrivé ?

Deb : Everytime I started to spin out of control I had you to grab on to.

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Ca me fait trop plaisir que de tous les personnages qui ignorent quel monstre peut être Dexter, ce soit elle qui trouve pile poil les mots qu'il faut pour le convaincre de continuer à se battre, au nom de tout ce qu'il y a de bon dans la vie. C'est parfait. Il fallait que ce soit elle.
Et puis histoire que cet épisode ne finisse pas sur une note trop agréable non plus.

"Honeeeey, I'm hooooome !" ![]()
C'est là que j'ai compris que j'avais vu juste, il y a deux ou trois épisodes de cela. ![]()



































DEXTER !





























































