400 : Razor
Par La Sorcière, lundi 19 novembre 2007 | Rubrique: Battlestar Galactica épisodes | 65 commentaires
Bon, eh bien j'ai le plaisir de vous informer que ceci s'annonce comme le billet le plus compliqué de l'histoire de ce blog. Hum !
(*monte sur l'échafaud*)
Je vais essayer de procéder morceau par morceau, donc ne vous attendez pas à une quelconque chronologie là-dedans. Du coup, les caps vont être dans n'importe quel sens, voilà, c'est comme ça.

Alors, pour commencer, il faut bien dire que ça ne s'annonçait pas simple, cette affaire. Razor, c'était la grande inconnue de l'année. Au premier visionnage, je suis donc restée perplexe, et je ne suis sûrement pas la seule. Je le dis franchement : je ne m'attendais pas du tout à ça. Tout a été dit sur Razor, ces six derniers mois, ainsi que son contraire. Un coup on nous parle de la première mission de Lee, ensuite on nous fait tout un pataquès sur les flashbacks de la première guerre, on évoque même une jeune Cain et sa petite soeur, on nous balance du toaster old-school, on revient sur l'attaque des colonies, bref, c'était un peu n'importe quoi. Au final, je me rends compte que j'en savais soit trop, soit pas assez, d'où ma perplexité. Le final twist, je le connaissais, et du coup, j'ai été déçue par la fin. L'impression de ne rien apprendre.
Pour les flashbacks, déception aussi de découvrir qu'ils ne servaient que l'intrigue du jour, outre le fait qu'ils nous apprennent aussi que la TdF ne l'a pas totalement dans le fion. Oui, les hybrides ! Vous avez le droit de nous applaudir, hein. ![]()
Bien évidemment, c'est une sensation vraiment merveilleuse que de retrouver tous nos personnages préférés (ou presque) dans ce contexte différent. Tiens, en parlant de personnages, attardons-nous un peu sur une nouvelle tête, celle de Kendra Shaw. Car quoi de plus naturel, quelque part, que de suivre l'histoire du point de vue d'un personnage neuf, qui va servir de trait d'union entre les flashbacks et le présent ?

De ce fait, pas trop de soucis de cohérence, à mes yeux, entre le débarquement de Kendra et ce qu'on connaît de l'histoire de la flotte. Qu'on nous sorte des personnages de l'ombre, cela ne me dérange en rien. Finalement, c'est un peu ce qui se passe dans tous les loners au fil de la série.
La seule chose qui me gratte un peu, c'est qu'on nous fasse le coup de la badass-brunette-maigrichonne-à-grosse-bouche. Ouais, j'avoue que j'ai trouvé ça un peu redondant. Dans BSG, on attend davantage des physiques qui sortent de l'ordinaire. Personnellement, c'est pas "ça" que j'aurais casté.
Avec cela que cette petite actrice aux yeux brillants doit en moins de temps qu'il ne faut pour le dire se mesurer à des Michelle Forbes, à des Tricia Helfer, à des Katee Sackhoff et à des Jamie Bamber qui nous ont déjà tous prouvé à quel point ils étaient là pour quelque chose. Et ça, eh ben ça doit pas être évident.

Périlleux, donc.
Mais le moustique boudeur s'en sort encore pas trop mal, d'autant que la caméra est très inquisitrice et ne pardonne vraiment rien à cette énième victime du conflit.
Je m'étonne quand même qu'ils soient allés la chercher en Australie. Décidément, sont un peu fâchés avec les Amériques.
En revanche, c'est un plaisir sans nom de plonger dans les entrailles du Pegasus pour découvrir les secrets d'Helena Cain. D'abord, sa relation avec son XO. Monstrueux. On sait tous que l'homme va finir avec une balle dans la tête.


Et c'est à la fois émouvant et terrifiant de constater qu'il est extrêmement sympathique et qu'il est très proche de Cain. Au point de l'inviter à venir voir sa femme et ses filles pendant les vacances. Très fort, donc. Tout comme le coup du mid-morning snack de Cain, a.k.a l'accueil glacial mais non dénué de second degré de Kendra.
Et toutes ces petites choses qui nous font de Cain un personnage extrêmement humain, comme le dit Gina lorsque Kendra s'étonne que l'amirale puisse avoir besoin de quelqu'un d'autre que d'elle-même.
Ah, Gina. L'ironie veut qu'elle s'appelle résurrection. Elle qui ne ressuscitera jamais.

Délicieuse Gina, donc. Dont la relation avec Cain paraît tellement naturelle. Contente qu'ils n'en fassent pas des caisses à ce sujet, d'ailleurs. Et le tout colle tellement parfaitement avec ce qu'on découvre ensuite dans la série que ça tient presque du miracle.
A mon goût, Kendra percute quand même un tout petit peu vite au sujet de sa condition de cylon... Mais bon, de toute évidence, on n'allait pas y passer 150 ans. Je m'étais souvent demandée comment, sans coup de pouce de Gaius, sans Doral, sans Leo et Papadama, Cain avait appris la cylonitude de son amante...

Pauvre Gina...


![]()
En attendant, il semblerait quand même qu'il était prévu que le Pegasus échappe au massacre, puisque Gina était à bord dans le but de préparer la mise à niveau. J'aurais vraiment cru à un coup de bol, mais décidément, les coups de bol, ça semble ne pas exister dans BSG. Toujours est-il qu'il est très doué pour extirper les codes de sécurité, le numéro Six. C'est vraiment l'espion par excellence. Il faut dire qu'avec une bonne tête comme ça...
Enfin, il faut bien reconnaître que les pions étaient magnifiquement bien placés sur ce grand échiquier. Le rôle de Doral dans le dernier minisode nous l'a encore montré.
L'attaque maintenant. Ah, cette attaque, combien de fois on l'a rêvée, après l'avoir entendue raconter par Cain ? Grandiose, très spectaculaire. Et c'est vraiment très ingénieux d'avoir repris plus ou moins les mêmes codes que dans la minisérie, le tout version dark car nous sommes à bord du Pegasus, tout de même. Le discours, les morts, la fuite... Le "So say we all", vengeur, comparé à celui plein d'espoir du Galactica. Et puis plus tard l'affreux pillage des vaisseaux civils.
Un petit mot sur nos chouchoux, puisqu'ils sont là. J'avoue que ça m'a fait chaud au coeur de voir le double épisode commencer (et puis finir !) sur Kara et Lee tout sourires. C'est très mignon, et je suis sûre que c'est fait exprès, rapport à la fin de la saison 3.

(Rageant, vraiment. Ah les cons.)
Ils sont très bons, tous les deux, et clairement, ça m'aurait étonnée que Lee n'embarque pas Kara avec lui à bord du Pegasus. On se demande même comment ça se fait qu'il ne la catapulte pas directement XO, surtout avec le petit discours que lui tient Bôpapa sur les relations entre un commandant et son XO (d'autant que le parallèle entre Kara et Saul aurait été mortel), mais on peut tout à fait accepter l'idée que Lee ait besoin d'elle dans un cockpit.
Excellent Lee, également, qui savait à quoi il s'exposait en laissant la forte tête faire sa petite loi à bord du Pegasus. Et qui montre aussi à quel point il sait s'y prendre avec elle...

... au point de balancer les paluches, dites donc...

Là où ça me gêne un poil aux entournures, c'est que j'entends encore Kara dire à Lee "I'm gonna stay here and be Galactica's CAG" à la fin de Captain's Hand.
Enfin au final, après être passée à ça de se faire exploser à bord d'un vieux vaisseau cylon pour les beaux yeux du commandant Adama, Starbuck retournera bien à bord du Galactica, sous un prétexte qui paraît quelque peu fallacieux, mais qui m'a fait une drôle d'impression, malgré le côté mimi de cette petite conversation.

Comme si elle était en quelque sorte "obligée" de retourner là-bas.
Je dois bien avouer que j'ai été sciée que Lee demande à Kara de faire péter la chose "à la main" à la fin... et ce sans sourciller, pareil pour l'amiral. Ben dites donc...

Toujours est-il que j'ai trouvé Katee plus belle que jamais, dans ce double épisode... Et Jamie magnifique en commandant.

Ca lui va décidément bien. Sans New Caprica et Dualla, il aurait peut-être pu finir sa croissance à peu près correctement à bord du Pegasus. Mais je suis bien persuadée que dès le moment où Kara repart pour le Galactica, lui, il s'en va se ruer sur son premier plat de nouilles.
En attendant, le Lee de Razor est remarquable, et on a presque envie de se dire qu'arrivé à maturation, cet Adama-là serait un bien grand bonhomme. C'est déjà un commandant qui d'un regard est capable de tenir son XO en respect (XO qui quelques jours plus tôt le traitant quand même de fils à papa), un fin tacticien, d'une sagesse, d'une intelligence et d'un sang-froid admirables.
Regardez-le donc, cet homme-là, et demandez-vous un peu ce qu'il a fallu pour qu'en l'espace d'un an et demi, il devienne la chose rampante et larmoyante que l'on voit dans Taking a break.
Ah, comme on en est loin, encore... Et comme il semble le digne héritier, que dis-je, limite l'extension du grand Bill.

Puisque j'en suis là, parlons donc un peu de Bill. Bien évidemment, sa petite escapade durant la première guerre en dit long sur son obstination à ne jamais laisser personne derrière...

Mais j'aurais bien aimé qu'il nous parle un peu plus de sa petite expérience de trempette dans le bouillon pas très propre qui lui fait des petits flashs dans la tête. Vrai, je pense que ça aurait pu être intéressant. Dommage, donc. Je ne reviendrai pas sur ma frustration vis-à-vis de ces flashbacks.
Pour en revenir au Pegasus, scène très chouette sur le pont, d'ailleurs, avec Mary McDonnell qui vous illumine le tout par son unique présence, et une Sharon pas encore accouchée qui nous déballe sans prévenir un dossier qui m'a mis le coeur en joie.

Voilà comment en quelques mots, cette brave petite a adoubé la théorie du "end of line" du Dark Side. Inclinons-nous tous très bas. Elle a frisé le génie, sur ce coup-là. "An evolutionnary deadend", donc.
Alors, cette affaire d'hybride, penchons-nous voir un peu dessus.
Avec un peu de recul, je me dis qu'on touche là un truc sans doute bien plus important qu'il n'en a l'air, du moins je l'espère. Le pépé cracra, là, dans son court-bouillon, je n'ai pas trop envie de me poser de questions à ce sujet pour le moment. Je reconnais que ça m'a fait un drôle d'effet, mais je ne vais pas me jeter dans ses bras en hurlant "papyyyyy !", vrai, faut que j'y réfléchisse encore, que je consulte le Dark Side. Néanmoins, un truc me résonne aux oreilles avec insistance, outre le coup du héraut de l'Apocalypse. Deux, même.

D'abord, cette phrase qui veut sans doute dire beaucoup de choses : "My children believe I am god."
A méditer d'urgence.
Et ensuite... l'hybride serait-il en train de sous-entendre qu'il va ressusciter d'une manière ou d'une autre ? Que sa vie arrivant à son terme, il va mourir "pour mieux recommencer" ? En même temps, à force, on a bien compris que c'était un thème universel dans la mythologie cylon : "All this happened before and will happen again".
Autre chose. Ce bon petit vieux a l'air d'attendre Kendra depuis un bon moment. J'en reviens à la présence de Gina à bord du Pegasus. Se peut-il dont VRAIMENT que la survie du Pegasus ait été planifiée ? Pfiou, ça s'embrouille, je vais laisser reposer.
Une chose est sûre, c'est que j'ai été sciée lorsqu'on découvre que c'est Kendra qui a tiré la première à bord du Scylla. Concentrée comme je l'étais sur d'autres aspects de l'intrigue, je ne l'avais pas vu venir.

Digne héritière de Cain, donc. Jusqu'à la ressemblance physique frappante sur laquelle je m'excite depuis des mois.
Pour finir, et ce avant que mes globes oculaires ne décident de se faire la malle, je crois que je viens de comprendre une des raisons pour lesquelles il était si important que Lee soit à bord du Galactica au moment de l'attaque. C'est ce que Bill lui explique dans leur conversation.

Il y a certaines choses qu'il ne pouvait pas faire, tout au long de cette guerre, parce qu'il aurait dû ensuite affronter le regard de son fils le lendemain. Des choses que Cain, elle, a faites. Et si finalement la sauvegarde de l'humanité ne tenait qu'à ce genre de chose, qu'à la présence ou pas d'un ou de plusieurs individus dans cette flotte de rescapés... Rah, la tête m'en tourne...

Plus ça va et plus le "plan" semble se dessiner comme une gigantesque tapisserie où chaque fil revêt une importance capitale.
Et que dire du "I have a destiny" de Kara, tout à la fin ? Tu en ris, petite... ça ne durera pas... ![]()
Mais que vont-ils bien pouvoir nous faire d'elle ?
Voilà. Pour finir, je dois bien dire que passé le premier effet kiss cool quelque peu rafraîchissant, Razor apparaît comme de l'excellent BSG. Les scénaristes ont parfaitement réussi à surmonter l'écueil du déjà-vu (pas évident de garder le spectateur intéressé quand celui-ci sait déjà ce qui va se passer), la réalisation est très fine, les transitions entre flashbacks et temps présent sont très très bien négociées, et puis tout le reste, c'est du BSG, donc c'est du bon.
Et puis, en conclusion, je citerai mon bon copain, le centurion old-school :

"By your command !"
Uh uh ! ![]()
Et maintenant, il va falloir être patients... ou hiberner, au choix.












































































