Le blog de La Sorcière
 

Quelle horreur.

Elle, quarante ans, en fait cinquante. Look maîtresse d'école perverse et désespérée, chignon et cuir, avec la cravache cachée dans le dernier tiroir de son bureau.

Lui, quarante ans, en fait douze et demi. Look soigneusement débraillé, pantalon en tire-bouchon, cheveux savamment décoiffés, petit air impertinent. Irait bien voler la cravache dans le dernier tiroir du bureau de la patronne.

Ce serait un nouveau duo de comiques, je me marrerais, mais là, c'est à pleurer. A la tête d'Atlantis, ils vont aussi bien ensemble qu'un saule pleureur avec une fourchette.

 

Mébiensûr.

 

Sense and Sensibilty

Comment vous dire à quel point j'aime ce film... Déjà, recadrons un peu. La première fois que je vois ce film, nous sommes en 1998, je finis ma deuxième deuxième année (hum... faut dire que je me fais sévèrement chier), et le lendemain, je dois aller voir mes résultats avec le fol espoir de passer... en troisième année. Sivouplé. Non parce qu'elle est sympa cette deuxième année, mais bon, une troisième deuxième année, il n'en est juste PAS question ! Bref, avec une copine qui est dans le même cas que moi, on décide de se murger comme il faut et de se faire une nuit cinéma dans mon 18m2 sous les toits. Zyva, au moins si on est défaites le lendemain, ce sera pour quelque chose. Je prépare Star Wars, elle rapplique avec la cassette de Raisons et Sentiments. "Kestu m'fé avec tes robes empires et tes bouclettes, toi !" que je m'exclame. "C'est pas avec ça qu'on va s'éclater !"
Que dalle. On s'est éclatées devant ce film, même qu'on a chialé à la fin et qu'on s'est endormies à quatre heures du mat' et qu'on a fait de beaux rêves.

Tout ça pour dire que ce soir-là, je suis quand même tombée sous le charme de cette petite merveille signée Ang Lee, servie par des acteurs plus que fabuleux, Emma Thompson en tête...

... qui tient là un personnage qui lui sied à ravir. Celui de la jeune vieille fille très convenable qu'un coup du sort (la mort d'un père qui a eu le malheur d'avoir un fils d'un précédent mariage) jette sur la paille et qui se retrouve entourée de trois pures drama queens. Ses deux petites frangines et sa reum.

Kate Winslet a vingt ans, elle n'est pas encore passée par la case Titanic, et dans Raisons et Sentiments, elle a l'occasion de se faire compter fleurette par Alan Rickman, c'te garce.

A l'époque, il n'a pas le triple de son âge, mais pas loin. On s'en fout, c'est du Jane Austen, et à l'époque que j'ai 21 balais, je dois reconnaître que je n'ai d'yeux que pour lui, dans ce film. Malgré la hughgrantitude de Hugh Grant, plus Hugh Grant que jamais.

Bref, tout ce petit monde sans l'sou se retrouve dans un cottage pourrave dans le trou du cul du Devonshire (c'est dire), loué à pas cher par un lointain parent et sa belle-mère, des originaux qui s'amusent à vouloir marier tout le monde et qui sont d'un lourdingue totalement assumé.

(Dans une version trash je suis sûre que le gendre se taperait la belle-doche.)

Enfin, ça pique-nique, ça caquète, on rencontre un ménage formidable, la fille de la vioque (Imelda Staunton, génialissime, comme toujours), une hystéro complètement demeurée et le mari, futur MP grincheux et très désagréable. Entre deux crises de rire (en 1998, Imelda et Hugh Laurie m'ont causé un fou rire mémorable), on essaye désespérément de se demander par quel tour de magie la vieille Jennings est parvenue à refiler son tromblon de fille au pauvre Mr. Palmer...

Il est charmant, House, avec ses rouflaquettes, ses cravates bouffantes et ses chapeaux de trois mètres de haut !

Bref, du côté des filles Dahswood, pendant que la grande soeur Elinor (Emma T.) soupire discrètement après Edward (Hugh G.) et que le colonel Brandon (Alan R.) lui fait des yeux de chien battu, Marianne (Kate W.) s'entiche de John Willoughby (Greg W.) au point de s'en rendre malade quand attiré par la fortune d'une girafe anorexique, celui-ci la snobe au bal à London.
Hurlements, crises de nerfs, galopades désespérées sous la pluie, saignées, etc etc... On remercie quand même Marianne de foutre suffisamment la merde pour nous offrir une vue débraillée et quelque peu chiffonnée du jeune Hugh Laurie (36 ans au compteur, miam miam).

Uh uh.

Heureusement, tout finit bien, les deux célibataires sont finalement commodément casées, la plus mesurée des deux avec celui qui lui fait battre le coeur depuis le tout début, la plus passionnée avec un amoureux plus mûr et modéré. Nul doute que sur le chemin, elles auront toutes les deux tiré de grandes leçons de cette histoire.

Avec cela, la musique est délicieuse, les paysages bruts et d'une mélancolie qui prend à la gorge, c'est à la fois tendre, drôle et nostalgique... Et c'est un incontournable pour tout fan de Harry Potter.

Ben oui, on a là le professeur Snape, Sybil Trelawney, Cornelius Fudge, Dolores Umbridge, et j'en oublie peut-être...

Et moi, bien sûr, dans la foulée, j'ai eu ma deuxième deuxième année, engrangé la seconde et en voiture Simone.

(Ma copine Tequila a aussi vu ce film récemment. Elle en parle ici.)

 

Humeur du jour

Je vérifie... Ah non, je suis toujours en pétard.

Groumph !

Edit : le facteur est passé ! Merci Manooooo ! :)

 

Réplique du jour

"I'm proud of you."

(Dr Gregory House, House MD)