Le blog de La Sorcière
 

...

 

116 : Heavy

Décidément, House n'en finit pas de tenir ses promesses. Et même au delà. Cette série ne se trahit pas. Elle reste fidèle à elle-même tout en effectuant énormément d'explorations. C'est passionnant.

L'intérêt de cet épisode, c'est naturellement les réactions des personnages, pris dans un engrenage qu'aucun ne maîtrise. Pas plus House qui pour la première fois se montre dépassé par la situation que les Kids qui laissent parler leur nature profonde face à la terrible nouvelle, assénée avec une décontraction artificielle par le maître : un d'entre eux partira. Et House n'a pas encore décidé qui.

Chacun réagit donc avec ses tripes. Cameron se dépêche de bafouiller qu'ils doivent rester solidaires face à l'adversité, Chase montre aussitôt les dents en répliquant que certainement pas, chacun pour soit, your loose is my win, et Foreman, plus futé qu'eux deux réunis les raisonne en leur disant que c'est ce que House veut : qu'ils se déchirent.

Dans un tel contexte, le moindre faux-pas peut-être décisif, et les Kids le savent. Le patient du jour, c'est une petite fille obèse de dix ans qui a fait une crise cardiaque. Contre toute attente, le salaud de l'histoire, c'est Chase, qui ne rate pas une occasion de clamer devant ses collègues qu'elle n'a qu'à se bouger le cul au lieu de manger. Alors que la pauvre gosse, défendue par une mère aux abois, ne mange pas plus qu'une autre. La maman, d'ailleurs, c'est notre chère Rita Sue de Carnivale.

Elle est formidable, dans cet épisode. Je l'adore.

Et la gosse est également très crédible...

Bref, Chase en fumier (ça faisait un moment que j'attendais de le voir comme ça) et Foreman qui la défend avec beaucoup de noblesse et de gentillesse. Il m'a beaucoup plu, sur ce coup-là.

Chase : She's morbidly obese. The "morbid" part of that raises alarms.
Foreman : Come on, it takes decades to eat your way into a heart attack.
Chase : Doesn't take decades to kill yourself. If I was that fat, I'd be pretty tempted to knock back a bottle of pills.

Pour en revenir aux erreurs, la gosse se met à développer des nécroses cutanées (on va vous épargner les détails) et House soupçonne une erreur dans les médocs. Les soupçons se portent sur Cameron et Chase ne fait absolument rien pour la défendre, pas plus que House. Ce qui exaspère notre petite limace, parce que elle, comme elle le lui fait remarquer, l'a toujours défendu même quand personne ne croyait en lui.

Et elle est très très fâchée. Malgré le peu d'attachement que je porte au personnage, je dois bien reconnaître qu'elle a raison. Et de l'attaquer bille en tête en lui balançant à la gueule qu'elle sait très bien que ça l'arrange de croire qu'elle s'est trompée, ça lui donne une raison de la virer, et s'il veut la virer, c'est tout simplement parce qu'il a des sentiments pour elle.
Euh, je ne sais pas si j'irais jusque là, jeune fille, mais il est clair que ce regard en biais n'est pas franchement celui d'une âme en paix.

Peut-être bien qu'elle ferait mieux de démissionner, qu'elle dit. Eh ben vas-y donc, qu'il lui répond, pas très convaincu. Et là-dessus, elle le mouche grave. YOU GO GIRL !

(Non mais là, j'admets qu'elle a eu raison. Autant jouer le tout pour le tout. Et si ça ne marche pas, autant qu'elle se casse, je suis persuadée qu'il lui courrait après ! Ce qui n'est pas ce que je souhaite, je précise. Brrrrr... )

Bref !

Dans cette ambiance charmante et détendue, nous découvrons que Chase est en fait à la botte de Vogler. Et que comme un con, il s'est fait bêtement manipuler, croyant protéger sa place.

Sale taupe !

Dans le même temps, la petiote est sauvée et Foreman en est super content. D'autant qu'ils ont découvert l'origine de ses problèmes de poids et de croissance.

Du coup, peu après.

La métamorphose !

Enfin, forcé de choisir, House s'en va annoncer le nom de celui qui va quitter le service à Vogler. Ce sera Chase. Mais Vogler met son véto. Finalement, non, il faut que ce soit quelqu'un d'autre. Tant pis pour House, il n'avait qu'à pas faire chier, qu'il fasse un deuxième choix.

Et que faire, que répondre ? Rien. House est coincé. Il n'a pas le choix. L'adversaire est trop fort pour lui...

C'est diabolique de la part de Vogler qui sait que House ne supporte pas Chase. Et que Chase est une petite enflure de vendu. Et donc l'obliger à le garder tout en sacrifiant un des deux autres qu'il affectionne, c'est redoutablement intelligent. Cette fois, il n'y a plus de doute possible, c'est personnel entre les deux lascars. Et franchement, je me demande bien comment House va reprendre le dessus.

(J'en profite pour noter que j'adooooore quand il fait tournicoter sa canne. C'est le geste super naturel de quelqu'un qui manipule ce genre de truc depuis des années. Je trouve que ça ajoute un cachet et une vérité au personnage. C'est un détail, mais je trouve ça excellent.)

Bref. C'est grandiose, tout cela. Vraiment, je ne sais plus quoi penser.
J'imagine que maintenant, c'est à Cameron de jouer.
J'espère qu'elle aura le courage de se casser avant qu'il ne lui montre la porte. Autant que ce soit elle qui prenne l'initiative. Ne serait-ce que par amour-propre.

Ptain, j'ai hâte-euh !

 

Bucolique...

 

Et en bonus...

Le très indispensable épisode animé "Revenging Angels". Comme dirait Johnny boy : "God, I love science fiction !"



(Dommage, je n'ai pas trouvé l'extrait où John se dessine une Aeryn en plusieurs versions... )
 

Bunnies !

De mémoire de sériephile, je n'ai jamais vu une série avec des personnages aussi torturés placés dans des mises en scène aussi absurdes. C'est là tout le génie de Farscape : on exploite l'absurde pour le rendre terrifiant. Je connais très peu d'oeuvres capables de susciter des rires aussi nerveux. Jusqu'à se demander, parfois, s'il faut vraiment rire, ou si c'est déplacé. La preuve ici, quand Johnny Boy et Scorpi s'en vont à la chasse aux oeufs de Pâques dans leurs jolis déguisements fourrés. Rose et blanc.